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L'histoire
du Village
L’ancien village était situé au lieu
dit « les Pesses ». Il aurait disparu
suite à une épidémie de peste. Il s ‘appelait
alors Sériménil. A l’emplacement du
village actuel, Saint Clément ne comptait que quelques
maisons construites autour de l’église. L’église
était le centre d’un prieuré, lieu de
pèlerinage situé prés d’une source
dédiée à Saint Clément, pape
et martyr.
Après la peste, le village se serait ensuite reconstruit
autour de l’église.
La plus ancienne maison du village semble être un
petit bâtiment daté de 1708, situé derrière
la maison de Mr et mme Cabocel, rue de l’Abbé
Antoine. Mais, les murs les plus anciens sont sans conteste
ceux de notre église.
Notre église était construite alors dans la
partie la plus élevée du village. Elle se
compose de trois parties de dates différentes :
La tour du XIIème siècle
Le chœur de la fin du XVème siècle
La nef du commencement du XVIème siècle, augmenté
en 1733 de deux travées.
La tour était autrefois percée, au rez-de-chaussée,
de trois arcades en plein cintre, aujourd'hui murées,
formant un porche ou narthex largement ouvert, comme celui
de l'église Notre-Dame de Saint-Dié. Les deux
arcs formerets sont d'un diamètre plus grand que
les arcs-doubleaux, exposés au nord-est et au sud-ouest,
ce qui indiquerait que l'église ou la chapelle de
cette époque était orientée à
90° de l'église actuelle. Les carreaudages de
cette tour sont taillés avec soin, en pierre de Baccarat;
les lits et les joints étant aussi soigneusement
dressés que les parements, quelques joints n'ont
pas un millimètre .
Sur les trois faces extérieures, cette tour est percée
à la hauteur du second étage de baies géminées
dont le meneau est une colonne supportant un chapiteau allongé
en console. Deux de ces baies sont aujourd'hui murées.
Au dessus de cet étage on en a ajouté un autre,
au commencement du siècle dernier, de plus faible
dimension et percé de quatre baies géminées.
Il est surmonté d'une flèche assez légère.
La base de cette tour a été renforcée
de deux contreforts d’angle à larmier.
Le chœur n'est point ogival de la première période,
mais il est de la troisième période, dite
flamboyante, qui date, dans nos pays, de 1450 à 1520.
Sur un plan carré de 7 mètres de côté,
le chœur est voûté en coupole; mais cette
coupole est coupée par de fortes nervures transversales
qui la font prendre, à première vue, pour
une véritable voûte d'arête. Ces nervures
portent le tore augmenté d'un filet ou listel, qui
caractérise la seconde moitié du XVe siècle,
et que l'on retrouve exactement au cloître de Saint-Dié
qui fut commencé en 1446. Elles retombent sur des
chapiteaux dont l'abaque est prismatique, tandis que l'astragale
est en torsade, surmontant des colonnes cylindriques engagées,
à bases prismatiques. Cette retombée de voûte
est contrebutée extérieurement par des contreforts
à larmiers et à ressauts .
Le chœur est éclairé par trois fenêtres
à lancettes, ébrasées en gorge, avec
moulures toriques, meneaux et remployes en plein cintre
trilobés, et trois ou quatre feuilles inscrites dans
l'oculus. L'une de ces fenêtres, placée derrière
l'autel, avait été maçonnée
lors de la construction de la sacristie moderne ; elle vient
d'être entièrement dégagée. Une
piscine est ouverte dans l'épaisseur du mur, à
la gauche de l'autel .
La nef est d'environ quarante ans postérieure au
chœur, dans ces trois premières travées.
Les colonnes sont cylindriques, engagées à
base prismatique. Les fenêtres à meneaux et
remployes flamboyants sont toutes variées. En 1733,
un architecte fort expert, rajouta deux travées,
copiées exactement sur les anciennes, de 5 mètres
d'axe en axe, et de 9,90 m de large, en oeuvre. Les voûtes,
d'une construction hardie, sont à pénétrations
ogivales, bandées de nervures diagonales et transversales
en soufflet, s'amortissant dans les fûts de colonnes.
On transporta soigneusement, à la même époque,
sur la nouvelle façade, l'ancienne porte d'entrée
et la grande baie qui la surmontait. Cette porte rectangulaire
est aussi du commencement du XVIe siècle, encadrée
dans des jambages ornés de moulures, surmontée
d'une archivolte en plein cintre avec contre-moulures à
revers d'eau s'amortissant en spirale à leurs extrémités
et le tympan orné d'arcatures et de choux. La grande
baie à deux meneaux est du même style que celle
de la nef.
L'axe de la nef n'est pas le même que celui du chœur,
pour cette raison probable que, lorsqu'on élargit
la nef au XVIe siècle, on conserva, par économie,
la paroi du nord-est qu'on ne pouvait reculer sans démolir
la tour, et que l'on se contenta d'augmenter la largeur
de la nef du coté sud-ouest.
M. l'Abbé Henri Hinzelin, professeur de mathématiques
au collège Saint-Pierre-Fourier de Lunéville,
a mesuré, le 23 juin 1929, la hauteur du chœur
et de la nef et l'a déterminée comme ci-dessus.
Il a mesuré aussi par le même procédé
la hauteur de la tour, coq compris, et a trouvé 31
mètres. Pour ne pas être trop affirmatif on
peut dire que sa hauteur est de 30 à 35 m.
La nef et le chœur sont couverts en tuiles, la flèche
de la tour en ardoises.
En l'automne de 1896, des travaux de restauration furent
entrepris dans le chœur de l'église. En dégageant
les murs et la voûte des cinq ou six couches de badigeon
qui les empâtaient, nos ouvriers découvrirent,
sous l'enduit de chaux primitif, des restes remarquables
de peintures polychromes.
La population de Saint-Clément, en qui la faïencerie
a développé les goûts artistiques, se
prit d'une belle ardeur pour cette œuvre, et le conseil
municipal se fit un honneur de voter un crédit, tant
pour subvenir à cette dépense que pour compléter
l'ornementation du chœur par une boiserie et des stalles
en style ogival.
Ces peintures peuvent, se diviser en cinq tableaux, deux
à la voûte : la Nativité et le Jugement
dernier ; trois sur les murs : l'Annonciation, Saint Sébastien
et Saint Christophe, le Dit des trois Morts et des trois
Vifs.
Mais notre village est aussi célèbre grâce
à sa faïencerie.
En 1757, Monsieur Chambrette découvre des bancs d’argile
à Saint Clément. Le 3 janvier 1758 il a l’autorisation
de créer une nouvelle manufacture avec les mêmes
privilèges que celle de Lunéville.
Lunéville étant à l’époque
en Lorraine et Saint Clément appartenant à
l’évêché de Metz, annexé
au royaume de France, la taxation des productions sorties
de la manufacture de Saint Clément étant de
ce fait moins lourde que celle des ateliers de Lunéville,
il s’en suivi une fraude fiscale entre les deux manufactures
qui fut favorable à Saint Clément.
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